En route pour la réduction des déchets dans la famille Inzecity!!

La planète. Monsanto. La santé. Chimique. L'environnement. Toxique. L'écologie. Syngenta. Biologique. L'avenir. La mort. La vie. Autant de mots que j'entendais dans les médias ou qui apparaissaient au fil de mes lectures. Tout cela provoquait en moi des émotions multiples et plus ou moins sympathiques et me faisait me poser une tonne de questions.

 

Il était clair que j'avais envie de vivre et de savoir que mes enfants allaient bien grandir, dans un environnement agréable. Je voulais continuer à explorer la planète à travers des voyages plus ou moins lointains. J'avais en parallèle peur d'apprendre que j'étais malade, pas malade genre petit rhume, non, malade genre bien malade, avec traitement lourd, douleurs et peut-être même risque de décès à court terme. Tit coeur et moi avions la volonté de ne pas rester sans rien faire et une morale qui nous empêchait de continuer à vivre avec des œillères.

C’était bien beau de se poser des tas de questions et de vivre avec un manque de sérénité certain parfois, mais il fallait agir. Oui, mais comment?

 

Et puis un jour on a eu la réponse. Tout est parti de ma cousine Ilse. Bon, c'est ma cousine par alliance, mais vu que de toutes façons elle a failli ne pas en avoir d'alliance, on s'en fout, c'est ma cousine tout court (un jour elle vous racontera peut-être un épisode juste E-NOR-ME de son mariage et vous comprendrez pourquoi je dis ça). Ilse, elle se la joue, même que ça se passe par ici.  Fidèle lectrice de son blog et dévorant ses billets, j’ai su qu’elle avait entamé une démarche de réduction de ses déchets. J’ai suivi son avancée et trouvant cette idée plus qu'intéressante, j'ai commencé moi aussi à me renseigner sur le sujet.

 

J’avais déjà conscience que nous seuls, êtres humains, étions responsables de la dégradation de notre planète et des vilaines maladies qui s’emparent de certains d’entre nous de façon croissante et que si nous ne faisions rien pour changer ça nous

courrions à la catastrophe. Mais je ne m’étais à vrai dire (j’en ai presque honte maintenant quand j’y pense) jamais dit que la démarche pouvait venir de moi et non pas des multinationales et des grands groupes alimentaires (parce que ceux-là, d’ici à ce qu’ils se mettent à être honnêtes en margeant moins comme des chacals et en arrêtant de nous vendre de la nourriture bourrée d’antibio et autres pesticides, suremballée et hors saison, les poules auront des dents et les chats réciteront l’alphabet).

Après un certain nombre de discussions sur le sujet avec Tit Cœur, nous avons décidé de changer. Après tout, il y en a un il y a quelques années qui disait « le changement c’est maintenant ». Si son engagement laissait à mes yeux vraiment à désirer, le nôtre allait être réel et mis en pratique sur-le-champ.

 

Et nous voilà, il y a quelques mois; bien décidés à changer notre façon de consommer, à repenser notre manière d'acheter et à nous embarquer en famille dans une démarche de diminution des déchets et de consommation raisonnée et raisonnable.

Pour cela, nous allions devoir changer nos habitudes bien ancrées: trouver des commerces proposant des aliments sains, des fruits et légumes récoltés le plus naturellement possible, étudier un minimum la composition des produits vendus dans le commerce, réviser les saisons et ce que la nature a à nous offrir en fonction de la période.

Finalement, à bien y réfléchir, cela n'avait rien de sorcier. Il fallait juste prendre le temps de se poser un peu et de CONSTATER. Ce que nous mettions dans nos assiettes n'était pas vraiment joli joli en termes de nutriments et de diététique. Et manger des tomates en hiver, ça n'avait aucun sens, pas plus que de mettre une combinaison de ski sur la plage en été.

 

Là où j'ai eu de la chance, c'est qu'en cherchant sur le net je me suis aperçue que j'avais une coopérative de consommateurs de produits biologiques à 5 minutes à pieds de chez moi (forcément, quand tu ne portes pas vraiment d'importance à ça, tu ne la vois même pas la coopérative devant laquelle tu passes pourtant régulièrement en te baladant).

En plus, pour être tout à fait honnête, moi à la base le bio je voyais ça surtout comme une mode et un moyen pour les magasins de vendre des produits hors de prix à des bobos. Bon, pour être réellement totalement honnête, je pense que tout ce qui est étiqueté bio n'est pas forcément bon et qu'il y a dans ce secteur là des arnaques et des abus aussi. Cependant, je pense qu'il y a quand même beaucoup à y gagner en termes de santé en mangeant bio régulièrement. Vraiment.

 

Je dis que c'est une chance d'avoir cette coopérative juste à coté de la maison car je pense que là est un des gros freins au développement de cette démarche de changement de consommation: il n'y a que trop peu de magasins ou de points de vente autres qui proposent de l'alimentation réellement saine, locale ou issue du commerce équitable. Encore moins des lieux qui proposent de la vente en vrac. Du coup forcément, si c'est pour parcourir des kilomètres pour aller acheter des pâtes et du riz en vrac, ou des pommes cultivées sans que soient balancés dessus une quantité démesurée de produits chimiques, les gens voient ça comme une contrainte parce que c'est beaucoup d'énergie de dépensée, du temps gaspillé, sans compter que ce n'est pas forcément très écolo si t'es par exemple obligé de t'y rendre en voiture.

J'étais aux anges en me rendant compte que j'allais pouvoir aller faire mes courses là-bas, excitée comme une puce à l'idée de pouvoir commencer à changer ma vie de consommatrice. Mais il faut reconnaître que je n'avais aucune idée du prix des produits dans cette coopérative et que l'idée de devoir revoir à la hausse notre budget courses pour manger mieux me chagrinait un peu car je savais que ce ne serait pas forcément possible pour nos finances.

 

Me voilà partie, un mercredi matin, avec La Sauterelle dans la poussette pendant que Pomme d'Amour était à l'école, dans cette fameuse coopérative. Je m'y suis de suite sentie bien. C'était simple, les rayons ne débordaient pas de produits multicolores suremballés (vous savez, suremballé du genre t'achètes un paquet de cookies et le cookie il est emballé dans un sachet en plastique lui même emballé dans sa boîte en carton elle même emballée dans un autre truc en plastique parce que t'as pris un lot de deux boîtes parce que c'est moins cher... mais que ça pollue deux fois plus quoi...).

Il y avait de beaux fromages à la coupe, des fruits et légumes de saison, pour la plupart issus de l'agriculture biologique ou du commerce équitable. Eux, ils avaient de la couleur par contre. Ils donnaient envie de croquer dedans (enfin sauf ceux qui étaient encore plein de terre et qui donnaient quand même envie d'être lavés avant).

Il y avait aussi un petit rayon d'aliments vendus en vrac. Le bonheur. Pas d'emballage, c'était ça de moins qui finirait à la poubelle.

Comble de tout, les prix n'étaient pas plus excessifs pour la plupart que dans ma supérette de quartier. Le vrac était même moins cher au final car en achetant la juste quantité nécessaire, j'allais éviter un gaspillage qui se serait avéré fort coûteux en fin d'année. Pour une fois, je prenais autant de plaisir à faire mes courses dans un magasin qu'au marché de ma ville le samedi matin.

J'ai fait mes emplettes, en me jurant d'y revenir toutes les semaines... et en améliorant ma technique.

 

La technique... Ca peut paraître bizarre d'utiliser ce terme pour faire des courses, mais c'était pourtant bien réel. Pour limiter notre production de déchets il allait falloir se creuser un peu la cervelle et investir dans des éléments indispensables. Bah oui, parce que c'est bien beau d'acheter des pâtes en vrac, mais si tu n'as rien pour les conserver une fois arrivé chez toi, et bien t'as l'air un peu con, il faut dire ce qui est!

J'ai donc investi dans quelques bocaux en verre, mais aussi recyclé des pots en verre (des pots de confiture, de crème fraîche, des bouteilles de jus de fruits...). Ca, ça allait être parfait pour conserver tout ça bien au sec.

 

Pour faire les courses, j'avais de grands sacs en tissu qui allaient être au top (je n'avais pas eu besoin d'attendre l'annonce de l'interdiction de fourniture des sacs plastique dans les magasins pour utiliser des sacs en tissu bien plus costauds et écolos, ça tombait très bien. Au passage, c'est quand ils veulent qu'ils la mettent en pratique cette décision hein le gouvernement!!).

 

Pour les aliments en vrac, à la coopérative ils mettaient à disposition des petits sachet en papier. C'était pas mal, mais je me disais qu'il y avait sûrement un moyen de les éviter. Ma cousine Ilse (encore elle!!) avait osé un jour aller au marché et demander aux commerçants de mettre ses achats dans des taies d'oreillers. J'avais trouvé ça hyper culotté, mais tellement malin!

Je n'avais pas de taies d'oreiller en rab, et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j'aurais osé faire comme elle, mais par chance, en réfléchissant un peu, je me suis souvenue qu'à une époque j'avais reçu durant plusieurs mois des colis de produits de beauté et que ces produits étaient rangés dans de jolis petits sacs en tissu... mais surtout, que j'avais gardé ces petits sacs en tissu dans mes placards en me disant qu'ils me serviraient bien à quelque chose un jour...!

 

Me voilà partie, la semaine suivante, faire mes courses avec mes sacs de toutes tailles, le sourire jusqu'aux oreilles.

Au retour, voilà à quoi ressembla ma quête:

 

 

Des courses pour la semaine et pas un seul emballage à mettre à la poubelle, je n'en revenais pas d'avoir réussi ça, mais aussi d'avoir mis si longtemps à me rendre compte que cela était possible et même nécessaire pour la planète.

Etant sur ma lancée et non contente d'acheter des produits frais ou en vrac, j'ai également innové en achetant de quoi faire des pâtes fraîches. Avec une machine à pâtes à la maison, il me manquait juste les ingrédients indispensables: des œufs (achetés en vrac au marché), de la semoule de blé dur (achetée emballée, certes, mais à la coopérative bio), de la farine  en vrac et de l'eau.

Je pense que pour réduire ses déchets et consommer plus sainement, il faut être prêt à dire adieu aux produits transformés et donc se mettre à cuisiner. Autant vous dire que j'étais pour le coup bien plus emballée que l'étaient mes aliments, parce que moi la cuisine j'adore ça ^^

 

La première dose de pâtes fraîches préparée par mes petites mains ressembla à ça:

 

 

En mode chanteuse d'opéra dans la cuisine, j'étais au top du bonheur ultime et de la fierté de malade. C'était simple, j'avais l'impression d'être cette nana au milieu d'un parking dans la pub pour une boîte de location de voiture... Vous savez, cette nana qui déchire!!!!!

 

J'ai continué mon petit bonhomme de chemin et au fil des jours, des semaines, des mois, j'ai appris une multitude de choses passionnantes, le plus souvent sur le blog de la Famille Zéro Déchet. Eux, y'a pas à dire, c'est une famille qui dépote sa mémé comme on dit chez moi.

 

Aujourd'hui, ça fait environ 6 mois que nous nous sommes lancés en famille dans cette aventure et je suis fière de notre parcours, même si nous sommes loin d'être arrivés au bout de notre démarche. En même temps, notre but n'est pas le ZERO déchet, mais le MOINS de déchets (et c'est déjà très bien et mieux que rien!). Nous avons conscience qu'il y a des choses que nous aurons du mal à changer dans notre quotidien (je n'arrive toujours pas à trouver une bonne recette de liquide vaisselle... je n'ai pas envie de fabriquer mon propre dentifrice, mes dents sont bien trop fragiles, et puis aussi j'adore un bon Mc Do de temps en temps...)

 

La réduction des déchets et la consommation saine, c'est bien, c'est bon et en plus c'est beau, ce n'est pas mon cellier qui pourra vous faire dire le contraire:

 

Alors voilà, ce billet que je termine d'écrire par ces quelques lignes, c'est juste pour faire un petit partage d'expérience avec ceux qui comme moi il y a quelques temps s'interrogent, réfléchissent, veulent changer des habitudes plus ou moins bonnes.

 

Ceux qui trouvent ça ridicule, ce n'est pas grave, moi je suis super tolérante. En plus, je fais tout pour ne pas imposer aux autres mes choix et mon mode de vie. Parce que ça aussi c'est important: ne surtout pas chercher à donner des leçons. Moi, je déteste ça, qu'on me donne des leçons. En revanche, j'aime découvrir, apprendre des choses et tester par moi-même.

L'essentiel, c'est que je me sens en phase avec moi-même, j'ai la santé, je fais découvrir des aliments de dingue à mes filles (Pomme d'Amour sait désormais qu'elle n'aime pas les lentilles vertes mais qu'elle aime bien "les lentilles oranges", et puis aussi le "boug'lourd", Tit Cœur se régale à chaque repas, ma poubelle diminue et ma planète se sent mieux, et tout ça, ça me comble de joie!

 

Bon, allez, moi j'vous laisse, j'ai une fournée de yahourts et de cookies maison qui m'attendent !

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Commentaires: 3
  • #1

    FLORENCE (vendredi, 29 avril 2016 12:16)

    De mon côté, j'en suis quasi au même point (sauf que moi j'ai pas encore le laminoir....pour la fête des mères ? mais vais-je être assez patiente.....) et pour l'instant ce n'est pas aussi bien ranger car je fais avec les boites que j'ai à disposition; Bien sûr tout cela demande beaucoup plus de cuisine (desserts, mes barres de céréales) mais cela fait tellement de bien de savoir ce qu'on mange réellement. j'ai pas avancé aussi dans mes cosmétiques, je m'apprête à faire le dentifrice (il me manque un truc que je ne trouve pas sauf sur internet). J'ai fait mon premier bidon de lessive et l'assouplissant est en train de murir... on progresse.... Bonne continuation

  • #2

    Martina (vendredi, 29 avril 2016 17:08)

    Bravo ! As-tu essayé de faire tes produits de ménage - la lessive, etc.? Bonne continuation dans voter démache verte !

  • #3

    Juliana (samedi, 30 avril 2016 07:49)

    Effectivement Florence c'est déjà super tout ça! Bravo pour la démarche!

    Martina: oui, je fais ma lessive, ça fonctionne très bien :-)